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Lundi 23 avril 2012 1 23 /04 /Avr /2012 09:51

 

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    Je vis dans une grande ville depuis plusieurs années, et d'une manière inattendue, la routine m'a rattrapée. Je ne fais plus attention aux arrêts du bus, je connais le trajet par cœur, la buraliste me connait et sait quelles cigarettes je fume et les magazines que je lis... Certains adorent ce train-train. D'autres se sentent étouffés par ces schémas qui se répètent jour après jour, comme une forme d'aliénation. C'est à ce moment-là que l'on ne fait plus attention à ces petites choses qui auparavant nous comblaient et nous redonnaient le sourire. Pour contrer cela, j'essaie souvent de voir les lieux qui me semblent communs avec un regard neuf. Comme un touriste. Comment voient-ils ma ville? M'envient-ils? Cela me galvanise de les imaginer en train de rêver de vivre ici, même s'ils ne se rendent pas comptes des difficultés inhérentes à la vie citadine: les transports en communs bondés, les embouteillages, la pollution, la proximité parfois pesante avec les autres êtres humains... Je fais sans cesse le rapprochement avec une histoire d'amour qui se finit. Quand l'autre qui pouvait nous apporter tant de joies et de plaisirs nous ennuie profondément. Que la moindre des choses que cette personne fera ou dira nous exaspère. Ce moment fatidique où on commence à se dire que l'on était bien mieux tout seul...

 

Je me plonge dans la nostalgie qui nous frappe tous un jour ou l'autre en me répétant cette phrase: Ah! C'était quand même mieux avant! J'écoute avec envies mes amis qui vivent ailleurs et qui me font l'éloge de leur ville: tout est tellement mieux que là où tu es, tu devrais vivre ici! On ne s'y ennuie jamais, les loyers ne sont pas chers... le rêve...Oui, tout à l'air tellement mieux chez les autres, peut-être est-ce réellement le cas ou peut-être ne subissent-ils pas encore le train-train qui s'installe insidieusement. Généralement, c'est à ce moment-là que je ressens une boule au ventre et que la peur de l'inconnue me reprend. Je me sens tiraillé entre l'envie de tout plaquer en recommençant de zéro et l'envie de rester... et au final, je reste... J'essaie pendant un temps de retrouver la passion du début: je me remémore les bons moments que j'ai pu passer dans ma ville et je me répète que ce n'est pas si mal. C'est une sorte de phase de déni où l'on a conscience que les choses ne vont plus mais où l'inconnu nous effraie tellement que l'on n'ose rien faire du tout.

 

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    Et puis, un jour, comme une illumination, je prends mon courage à deux mains et je décide de partir. Plus rien ne me retiens. Les bagages sont vites faits, ce qui est le plus dur, c'est le premier pas... Les épreuves qui suivent sont dignes d'un parcours du combattant, je pense que c'est une sorte de test pour vérifier ma motivation: trouver un appartement, un travail... Je me rends compte qu'arriver dans une nouvelle ville c'est un peu comme commencer une nouvelle histoire d'amour. On ne sait pas vraiment ce qui nous attends et pourtant on se jette dans l'aventure à corps perdus. On s'installe, on essaie de se faire son « chez soi », avec de nouvelles habitudes, de nouveaux endroits qui deviendront familiers. Parfois, le coups de foudre est immédiat et les choses semblent merveilleuses et si faciles... et parfois, il faut un peu de temps pour s'acclimater, le temps d'oublier ce que l'on vient juste de quitter, de faire le deuil de son passé. Ce qui peut être délicat mais s'avère être nécessaire... Dans tous les cas, cette nouvelle vie qui commence est la promesse d'un renouveau: Je peux être qui je veux...

 

    Dans ma nouvelle ville, je redécouvre l'excitation de l'inconnue. Tout me semble si beau, si neuf...

Je me plais à découvrir cet endroit mais aussi ce que je peux y apprendre de moi-même. Je me suis toujours senti incapable de partir sur un coup de tête et j'admirais ceux capable de le faire. Ce genre de personnes qui se sentent partout chez eux, qui donnent l'impression de connaître le monde entier, d'avoir pu s'installer à Paris, New York ou Londres sans jamais sentir une seule fois le mal du pays. Jusque là, pour vivre heureux, il me semblait indispensable d'avoir de la continuité, des attaches mais surtout de construire mes habitudes, même si pour cela ma vie devait être une sorte de cercle se répétant à l'infini. Comme ces gens qui restent toujours avec la même personnes parce qu'elle fait partie des meubles et que changer de conjoint reviendrait à repenser totalement la décoration, ce qui est décourageant avant même d'avoir commencé. Mais finalement, mettre toutes les vieilleries au vide-grenier et refaire un tout nouvel aménagement peut changer énormément de choses: on peut enfin se sentir soi-même en cessant de se mentir jour après jour!

 

    Dans cet endroit ma vie change du tout au tout. Je deviens naturellement quelqu'un de différent. Mais n'est-ce pas finalement le moi profond, enfoui depuis trop longtemps, qui s'exprime enfin? Cela me fait penser à ces hétéros coincés qui du jour où ils avouent leur homosexualité deviennent des folles exubérantes. J'ai l'impression d'être passé à côté de tellement de choses depuis tout ce temps. J'essaie de rattraper le temps perdu. Je me délecte de chaque instants. La ville m'ouvre les bras et dans le flots de ses opportunités je découvre des possibles qui m'échappaient jusque là. Je sors beaucoup, je rencontre du monde, je me fais des connaissances. Je couche aussi quand j'en ai l'occasion. Comme l'a pu dire Oscar Wilde « J'aime mieux avoir des remords que des regrets ». Je tâche alors de ne rien regretter...

 

   Les journées se succèdent, puis les semaines et les mois. Le plaisir de la nouveauté est passé.

J'essaie d'apprécier le quotidien mais, l'exceptionnel me semble banal maintenant. Je ne m'extasie plus devant sa beauté ou encore son charme. Je me sens comme ces couples qui viennent de se rencontrer, qui ne cessent de faire l'amour et qui du jour au lendemain ne se touchent plus, sans raison précise. Je commence à m'ennuyer. Je sors moins... Sortir? Pourquoi faire? J'ai déjà vu cette expo, aucun film au ciné ne m'intéresse et retourner dans un parc encore une fois, très peu pour moi... On ne se comprends plus la ville et moi... Pourtant ce n'est pas faute d'avoir essayé, mais avec le temps je sens une grande lassitude. A quoi bon lutter? A sa façon, j'ai l'impression qu'elle me rejette et qu'elle préfère se montrer parfaite pour les touristes mais plus pour moi. Pourtant, elle fait ça de manière subtile, ce n'est pas tant que je sois exclus, je me sens seulement de trop...

 

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    Je décide d'aller voir ailleurs. De voyager, de découvrir de nouvelles villes. Certaines parce qu'elles me plaisent d'autres pour avoir des moyens de comparaisons. Je me perds dans ces endroits inconnus. J'y reste pour des durées variables, jusqu'à ce que la lassitude me gagne. Se contenter est difficile lorsque l'on ne sait même pas ce qu'il nous manque. Est-ce réellement une trahison? Ou est-ce un moyen de raviver la flamme? Je pensais que partir pourrait changer les choses mais, j'aurais du m'en douter: les problèmes ne se sont pas volatilisés pendant mon absence. Il devient alors nécessaire de prendre un vrai recul pour voir les choses sous un nouvel angle. Je décide alors de « faire un break ».

 

   Je profite de quelques jours de vacances pour retourner dans ma ville natale, une toute petite ville nichée au bord de la mer. A peine arrivé, des souvenirs d'enfance enfouies me reviennent. Je ressens l'attachement viscéral qui me lie à cet endroit. Comme je pouvais être naïf mais heureux à l'époque. J'apprenais à apprécier ce que j'avais: l'odeur des pins qui se propage lorsque le vent se lève, l'excitation que je ressentais lorsque je voyais la mer. A chaque fois que j'y repense, je ne peux m'empêcher de sourire. Ce sont des souvenirs merveilleux, mais c'était une autre époque. En grandissant je constate que les choses deviennent plus compliquées: il est plus difficile d'être pleinement comblés avec une forêt et la mer. Les choses sont tellement mieux avec un appartement bien situé, bien desservi par les transports en commun sans voisin trop bruyant ou trop envahissant... Au final, ne suis-je pas enfermé dans l'enfer du « toujours plus »? Vouloir aller toujours plus loin, toujours plus haut, toujours plus fort... Mais pourquoi faire? Au final, est-ce vraiment la ville le problème, ou moi? En me rappelant tout cela, je me rends compte à quel point « ma » ville me manque... Bien sûr, elle a ses imperfections, mais je ne prétends pas être parfait moi non plus. Bien sûr je me sens délaissé depuis quelques temps, mais il ne tient qu'à moi de prendre une part plus active dans notre relation... C'est en m'éloignant que j'ai enfin compris qu'elle et moi c'est une histoire qui va durer. Parce que finalement, même si je me sens las, exaspéré, je sais bien au fond de moi qu'elle me convient parfaitement et que c'est là mon « chez moi » parce qu'elle seule a su comprendre qui j'étais vraiment...

 

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Par Dorian Baptiste - Communauté : Auto-histoires de vie...
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Samedi 3 mars 2012 6 03 /03 /Mars /2012 22:56

 

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100% des gagnants ont joués...

 

C'était une fin d'après midi ensoleillée, je rentrais tranquillement chez moi lorsqu'en passant devant mon bureau de tabac préféré je tombe sur une grande affiche de l'Euromillion: Aujourd'hui, tirage: cagnotte de 26 000 000 d'euros... Oui, je prend la peine d'écrire tous les zéros pour que l'on se rende bien compte de la somme! J'ai fais le calcul et avec 26 000 000 d'euros, je peux m'acheter: 130 Ferrari (oui je sais, je me demande ce que je pourrais bien foutre avec autant de voiture dans la mesure où je n'ai même pas le permis...), 8666 semaine de vacances de rêves aux Seychelles, 520 000 maillots de bain en prévision des-dites vacances, 10 châteaux, 173 000 bouteilles de champagne pour fêter le Jackpot! Bref, ça fait beaucoup!!!

 

Je suis rentré fébrile chez ma buraliste et je me suis retrouvé face au comptoir Euromillion. J'ai saisi le bulletin: je devais cocher 5 chiffres et deux numéros bonus, condition sine qua none pour gagner... Ma concentration était extrême... Quels numéros choisir??? Le 11 celui de mon jour de naissance? Le 15 celui de la naissance de ma mère? Le 6 la somme des lettres de mon prénom? Mon âge? Les deux premiers chiffres de ma carte bleue? Ou les 4 pris séparément? Tout de suite, quand on joue à l'Euromillion, on se rend compte que les cours de Math n'ont pas été vains dans notre enfance! Je n'ai jamais autant compté, calculé, additionné de toute ma vie... J'ai opté pour une série de chiffre qui me semblait bien sonner, je voyais très bien l'animatrice les prononcer avec son sourire niais... J'ai payé mon ticket et suis reparti le cœur léger, persuadé que j'allais gagner une somme faramineuse et que j'allais pouvoir changer ma vie du tout au tout. La question qui a suivi a été: Que faire avec TOUT cet argent??? En premier lieu, je ne dirais rien à personne, je m'achèterais une grande maison avec un terrain immense coupée du monde. Je passerais mes journées à faire du cheval (oui parce que je m'achèterais une écurie de pur-sang) ou à nager dans ma piscine olympique ou à regarder des films dans mon cinéma privé... ou les trois...

 

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C'est un fait, une fois que l'on a joué à l'Euromillion, on se sent étrangement bien, apaisé. La perspective de penser à tout cet argent et ce que je pourrais bien en faire m'emplit de bonheur... Cela frôle l'extase ... La soirée arrive, j'attends avec impatience le tirage. Mon billet dans une main, pendu aux lèvres archi gonflées de l'animatrice. Elle prononce chaque numéros distinctement et bien évidemment... Je n'ai pas gagné... Passé l'étape de la déception, je me suis dis que finalement c'était bien mieux: Comme çà, je pourrais recommencer la semaine prochaine!

 

Et puis, je me suis mis à réfléchir sur le plaisir que l'on a à jouer... et j'ai indubitablement fait le rapprochement avec les relations amoureuses. Dans le fond, on apprécie tous ce jeu que l'on appelle l'amour: on prie pour toucher le jackpot, c'est à dire la personne qui nous apportera ce dont on a toujours rêvé. Cela commence avant le premier rendez-vous où l'on se demande:  Est-ce que je mise sur le bon numéro? Est-ce la personne qui me permettra de réaliser mes rêves?

Puis, après le rendez-vous, on commence à réfléchir à cette personne, on se dit qu'elle possède toute les qualités que l'on a toujours recherché, et qu'enfin on va pouvoir mener une vie de rêve. Parfois on touche le Jackpot, et la personne correspond réelement en tout point à ce que l'on désirait, mais c'est rare, aussi rare que des gens qui gagnent à l'Euromillion. La plupart du temps on perd, et on s'évertue à recommencer, encore et encore, dans l'espoir qu'un jour on pourrait gagner, mais aussi pour ressentir l'excitation du jeu: ce moment particulier où immédiatement après avoir joué, on se met à espérer et imaginer tout ce que l'on pourrait faire si on arrivait à toucher le gros lot. Le jeu de l'amour est aussi addictif que le loto, mais beaucoup moins onéreux, surtout lorsque l'on parvient à se faire offrir le resto...

 

Et puis, en regardant autour de moi, j'ai pu constater que certaines personnes jouent comme elles se comportent dans leur recherche de l'amour avec un grand A:  il y a ceux qui jouent sans cesse les même numéros, de peur que la fois où ils ne les jouent pas, ce soient précisément eux qui sortent... en amour, ce sont ceux qui sortent avec le même type de personnes, persuadés qu'un jour ou l'autre, ils trouveront la bonne: la personne qui sera l'exception qui confirme la règle, même si à chaque fois, c'est un fiasco. Il y a ceux qui font appel au pendule, pour que celui-ci les guides pour choisir les bons numéros... Il y a une idée de prédestination derrière: que le destin a choisit cette personne précise pour gagner... ou pas... Il y a ceux qui jouent des chiffres qui sonnent bien: le 22 va super bien avec le 44 et le 17 avec le 35! (oui, je fais partie de cette catégorie), dans les relations sentimentales, ils entretiennent des rapports avec des personnes extrêmement diverses. On peut penser que ce sont des personnes qui ne se connaissent pas encore assez et qui n'arrivent pas à définir clairement le numéro qui pourrait leur convenir... Il y a ceux qui ferment les yeux et qui cochent sans regarder... On ne sait jamais, ça pourrait marcher... Ce n'est pas pour rien que l'on appelle cela un jeu de hasard! Dans tous les cas, chacun a sa technique et au final, 100% de ceux qui ont gagnés ont joués...

 

En pensant à des gagnants, en amour comme au jeu, on peut s'en imaginer deux types: ceux qui attendaient cela depuis toujours et qui vont faire très attention pour profiter de ce changement dans leur existence: leur relation aura des bases solides et saines basée sur la confiance et le respect mutuel. A l'inverse, il y a ceux qui vont être fou et qui vont tout dépenser pour finir sur la paille quelques années plus tard, ceux-là vont être tellement heureux d'avoir enfin trouvé LA bonne personne que dans leur allégresse, ils vont user leur relation jusqu'à la corde: jusqu'à ce que leur moitié les quittent... Dans tous les cas, et c'est peut-être une injustice, même les gagnants ont le droit de rejouer, même,s'ils enlèvent leur chance à ceux qui n'ont jamais touché le jackpot! Il y a l'histoire de cette femme qui avait gagné quelques dizaines de millions d'euros et qui quelques années plus tard en rejouant a re-touché le gros lot... comme quoi la foudre frappe vraiment deux fois...

 

Dans tous les cas,la prochaine fois que vous allez jouer une grille d'Euromillions, pensez à moi, et si jamais vous gagnez... Pensez à moi!

Par Dorian Baptiste - Communauté : Oui la vie peut être marrante.
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Samedi 25 février 2012 6 25 /02 /Fév /2012 22:31

 

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Une de ces soirées banales que je passe à trainer sur internet, je vais de site en site, de profils Facebook en profils Facebook...Je le reconnais, j'ai un certain goût pour aller farfouiller dans la vie des autres, espionner leur profil et regarder leurs photos... Même si ce sont des personnes que je n'ai jamais rencontré!!! C'est une pulsion irrépréhensible! Je regarde, je furète... Ce que j'apprécie tout particulièrement, c'est de rechercher des gens que je connaissais il y a des années de cela, d'aller sur leur profil pour voir s'ils ont la vie que j'imaginais à l'époque: Tiens, cette fille est devenue infirmière en hôpital psychiatrique... je me disais bien qu'il fallait qu'elle finisse là-bas d'une manière ou d'une autre... Et lui, marié avec un gosse alors que personne ne voulait de lui au lycée, improbable... et lui...il est …

 

Et c'est en regardant le profil d'un ami perdu de vue depuis quelques temps que je me suis rendu compte que farfouiller sur le net pour exhumer des relations morte et enterrées peut être dangereux. Un de mes ex-amis proche est devenu acteur porno gay. Ce n'est pas tant le fait qu'il puisse faire cette profession qui m'a surpris, je ne lui jettes pas la pierre, c'est seulement que lorsque l'on est plus jeune, on ne peut pas s'imaginer que quelqu'un que l'on côtoie tous les jours puisse le devenir, et pour être honnête, cela n'apparait pas en tête de liste des métiers que les enfants veulent faire « quand ils seront grands »!!!

 

Moi qui le connaissais bien, j'ai appris à mieux le connaître surtout lorsque j'ai vu son pénis s'afficher en taille réelle sur mon écran!Après ce viol visuel, j'ai essayé de me rappeler s'il y a eu des signes, il y a des années, qui auraient pu préfigurer cette vocation. Il était un peu paumé, mais pas plus qu'un autre. Il essayait de trouver l'âme sœur mais, comme dans une série télé minable, dès qu'une personne de bien apparaissait dans sa vie, il faisait tout pour la faire souffrir. Parfois, il ne faut pas chercher à comprendre, on aime clairement se complaire dans notre malheur. C'est comme ces gens qui demandent de l'aide et lorsque quelqu'un vient la leur proposer, ils répondent que personne ne peut les aider. Je me suis éloigné de cette personne pour cette raison précise.

 

Je me demande s'il est heureux dans sa vie. Pourquoi ne le serait-il pas? On se dit toujours que les gens qui font du porno ont une défaillance psychologique qui pourrait se guérir par plusieurs années de psychanalyse... Mais on ne se dit jamais que ces personnes font ce métier là par choix! C'est là que se situe la nuance! Dans une interview trouvée sur un site internet1 un jeune acteur porno, Jawel dit ceci: Disons que je suis loin d'être prude. Je crois même être quelqu'un d'assez vicieux. J'adore m'exhiber, par exemple. J'ai un réel besoin d'être regardé, maté, désiré. Le porno, c'est un prolongement de ça, d'un autre côté, Brigitte Lahaie, ex-actrice porno mentionne dans une interview2: On ne fait pas ce métier par hasard, je fais une comparaison avec la prostitution même si beaucoup n’aiment pas ça. On fait souvent ce métier parce qu’on est mal dans sa peau. Je suis frappée de voir que les actrices porno ne sont pas du tout dans la recherche de plaisir, elles ont une dimension masochiste. Elles ont une illusion de liberté alors qu’en fait elles sont utilisées par le système.
Pour les hommes il y a un peu d’exhibitionnisme et surtout un amour démesuré pour leur verge avec presque une dimension machiste. (…) Avec le temps, s’installer dans cette profession est très destructeur.

 

Où se situe cet ami? Réel plaisir sexuel ou névrose? Je me pose la question, surtout lorsque je me rappelle à quel point il était timide et introverti... C'est un peu comme si j'étais face à quelqu'un de schizophrène entre la personne que je connaissais et son avatar, l'acteur porno, et je me demande si le garçon qu'il était existe toujours, ou si je l'ai réellement connu...

C'est indéniable, tout le monde change avec le temps, ce qui explique que parfois, on peut se sentir à mille lieux de personnes que l'on a pu côtoyer des années auparavant. Même s''il existe des personnes qui cherchent à tout prix à ne pas changer et à s'enfermer dans le schéma archi-usés d'une vie banale et sans surprise.

 

En ce qui le concerne, c'est justement sa banalité qui m'a frappé. Je veux dire par là que cette personne vous pourriez la croiser dans la rue, au supermarché, elle peut être votre médecin ou l'épicier du coin. C'est l'archétype de la personne lambda qui est sublimée par internet et l'image qu'elle y donne à voir. Cela brouille clairement la frontière entre le réel et le virtuel. Une caissière peut être aussi une auteure de blog à succès, un jeune étudiant une star du net, et un garçon lambda une pornostar 2.0. Avec internet, nous sommes comme les super-héros, nous avons tous une double identité au moins, même si celle-ci est moins palpitante que celle de Batman ou encore Superman.

 

Je reviens toujours à cette vieille histoire des masques que nous portons et qui nous définissent au final. Internet, par la possibilité de nous créer des personnalités virtuelles multiples, ne nous pousse pas à la schizophrénie mais nous permet d'exprimer les différents aspects qui nous définissent et qui forment une harmonie que l'on peut appeler SOI.

Avec la question d'Internet se pose aussi la question de la pornographie et l'idée que nous pouvons partager notre intimité, et en particulier notre vie sexuelle, avec le monde entier.


 

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Aux États-Unis, 12% des sites internet proposent du contenu pornographique, 70% des hommes âgés entre 18 et 24 ans visitent des sites internets porno au cours d'un mois normal et 43% de tous les usagers d'Internet vont regarder du contenu pornographique3. En France selon Médiamétrie, en Février 2011, on comptait 38,23 millions d'internautes. Ces chiffres vertigineux permettent de constater la place prépondérante qu'occupe la pornographie sur le net. Dès lors, on peut se poser la question: Combien de personnes, outre la consommation de contenu pornographique, en produisent? Mon voisin est-il une pornostar? Peut-être qu'une ex-relation vous a filmé pendant vos ébats et a mis la vidéo en ligne. Peut-être que vous être- vous même une pornostar sans même le savoir...

 

Ce processus de vidéo à caractère sexuelle semble s'être développé ces derniers temps notamment par le biais des pseudo-starlette qui les utilisent pour relancer leur carrière en perte de vitesse. Il me semble que les gens suivent cette voie par identification. Dans l'idée: et si on faisait une sextape comme Britney Spears ou Paris Hilton? A défaut d'avoir leur carrière, on peut partager quelque chose avec ces personnes et, quelque part, vivre leur gloire par procuration.

 

En ce qui concerne les « inconnus », je me demande s'ils mettent leurs ébats en ligne par plaisirs sexuels ou s'ils le font pour acquérir une gloire quelconque, leur intimité étant le seul moyen que ces personnes ont pour se faire remarquer... Outre cela, on peut constater qu'il y a une forte demande pour les films faits par des « amateurs », les vidéos de mon pote ont été vus plus de 6 millions de fois! Cependant la production de contenu pornographique par des amateurs est-elle courante ou reste-t-elle un phénomène marginal? Le documentaire A l'école du X, réalisé par Ella Cerfontaine s'avère extrêmement pertinent dans ce sens, notamment en analysant les rapports qu'entretiennent les jeunes (15-20 ans) avec la pornographie sur internet. On y voit notamment un garçon qui précise qu'aujourd'hui, faire ça c'est banal (se montrer nu sur le net via des tchat et des webcams) c'est même, si tu n'as pas déjà fais ça une fois, c'est limite si tu n'es vraiment pas doué...Ce témoignage semble essentiel pour comprendre qu'il n'y pas particulièrement de recherche de plaisir sexuel dans le fait de s'exhiber sur internet, en particulier pour les jeunes, mais cela participe à un phénomène de groupe, comme un rite initiatique obligatoire.

 

La question de s'exhiber sur internet englobe des questions, et des enjeux qui semblent vastes et tentaculaire. Cela me donne un bon prétexte pour reprendre contacte avec mon ancien pote et voir son point de vue sur la question!!!

 

3(Source: http://www.webactus.net/actu/6854-statistiques-pornographie-internet/ => Je n'en garantis pas la fiabilité).

Par Dorian Baptiste - Communauté : Journaux (presque) Intimes des LGBT
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Mardi 14 septembre 2010 2 14 /09 /Sep /2010 08:38

     Tout le monde sait ce qu’est un has been : un individu issu de la téléréalité, d’un boys band ou de tout autre endroit, qui a rencontré une gloire éphémère et qui aujourd’hui n’est plus connu (ce qui parfois n’est pas plus mal !)

 

    Certaines personnes ont un certain plaisir à se fourvoyer dans des situations incongrues et elles ne se contentent pas de sortir avec un has been, cela serait trop simple, mais avec un has NEVER been.

Un has never been est une personne qui n’est pas célèbre (et qui pour être honnête ne le sera jamais !) mais qui croit qu’elle l’est ou du moins qu’elle le sera un jour !  Cette personne vit avec tous les aléas du statut de célébrité : la peur d’être reconnu dans la rue, devoir s’afficher sous son meilleur jour, trouver des personnes qui pourront supporter leurs caprices, et dieu sait s’ils sont nombreux.


    L’accessoire indispensable de ce genre d’individus, ce sont les lunettes de soleil. Plus elles sont grandes et cachent le visage, mieux c’est. Est-ce pour se protéger du soleil ? Absolument pas, que vous êtes naifs ! Elles servent à ne pas être reconnu dans la rue, et, INCROYABLE, cela marche car, effectivement, personne ne le reconnait !

 

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    Le has « never » been a une peur panique : celle d’être pris en photo. En effet, soit son profil n’est pas le bon, l’éclairage ne le met pas en valeur ou pire… on pourrait revendre les photos si jamais un jour il devient célèbre !


    Faire l’amour avec un individu de cette nature est quelque chose de tout à fait surprenant : elle passe son temps à poser et à montrer son bon profil… on ne sait jamais une sextape pourrait filtrer sur le net, dans quel cas, il ne faudrait pas paraitre à son désavantage !


    Le has « never » been s’entoure de pseudos amis : des personnes qui ne prendront pas ombrage lorsqu’il ne fera que parler de sa petite personne et qui seront prêt à exaucer le moindre de ses caprices. Et puis le jour où ils ne serviront plus à rien, ils seront jetés sans autre forme de procès. Le has « never » been pensera alors que ces gens ont eu le privilège extrême de cotoyer une véritable star inconnue ! De leur coté, les courtisans qui ont été jeté se sentent bien bête d’avoir été utilisés et manipulés. On leur a fais perdre leur temps, leur talent et pire, leur dignité. Mais heureusement, on s’en relève un jour où l’autre !


    Car effectivement, les has « never » been sont manipulateurs et arrivistes. Ils font tout pour parvenir à leur but : être célèbre. Cependant, ils négligent un aspect essentiel : le talent, et malheureusement, c’est ce qui leur fait cruellement défaut.


    Il y a une chose qu’il faut leur souhaiter : c’est que ces personnes arrivent à leur fin et deviennent célèbre, parce qu’il est pathétique d’avoir tous les comportements détestables d’une diva et de ne pas en être une !

 

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Si vous croisez ce genre d’individus, PRENEZ GARDE !!! Les personnes qui ont cotoyés ce genre de spécimen vivent dans une terreur permanente : celle de voir un livre écrit par un has « never » been inspiré de leur relation et que cette personne  puisse devenir célèbre grâce à eux !!!


Par Dorian Baptiste - Communauté : Oui la vie peut être marrante.
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Lundi 28 juin 2010 1 28 /06 /Juin /2010 10:44

manege


- Aller à Ikea, flâner des heures, aller dans les appartements d'expo et me dire " je vivrais bien ici". Chercher la bibliothèque de mes rêves, la trouver et l'acheter. Me goinfrer de saloperies industrielles qui me semblent être d'aussi bonne qualité que les meubles et me dire: "J'aimerais aller en Suède si ça ressemble à un Ikea"!


- Chiner chez les brocanteurs, regarder de vieux objets, de vieilles photos. Sentir l'odeur particulière qui se dégage de ces objets d'autrefois et leur inventer une histoire.


-Me regarder dans les vitrines, faire croire que je regarde les objets exposés alors qu'en faite, je ne cesse de me fixer en me disant que finalement aujourd'hui, je ne suis pas si mal!


-Lire un bon livre dans mon lit et m'endormir en me forçant à ne pas fermer les yeux pour lire une page de plus!


- Voyager, visiter pleins d'endroits merveilleux et se dire "J'y étais"...


- Discuter de problèmes existentiels autour d'un bon café ou d'un verre, débattre, se remémorer avec nostalgie de certains bons moments, retrouver des amis que je n'ai pas vu depuis longtemps et me rendre compte que rien n'a changé!


- Chanter et danser sur ma musique préféré et inventer des chorégraphies comme si j'étais Madonna au Stade de France.


- Ecrire, noircir des pages et des pages au point d'en avoir mal aux mains. Sentir le contact du papier sur ma peau et me dire " Un jour j'écrirais un roman" en sachant pertinnement que je ne le ferais jamais.


-L'embrasser et l'avoir dans mes bras. ressentir des frissons d'extase lorsque sa langue se déplace le long de mon cou et que sa main descend, descend...


- Voir de la jalousie dans le regard des autres.


- Me faire passer pour un mec super riche dans un magasin de luxe et voir les vendeurs qui me dévisagent en se demandant "Qui est cet homme?"...


- Etre consolé par des gens proches lorsque cela ne va pas et me dire que même si parfois j'en doute, je suis aimé!


-Me sentir tout simplement bien, heureux, optimiste et me dire " L'avenir m'appartient et j'ai encore beaucoup de choses à découvrir"...

Par Dorian Baptiste - Communauté : âme d'artiste ...
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